Entretien avec ...
Nous vous proposons une nouvelle rubrique « Entretien avec…. » Dans laquelle vous pourrez vous exprimer sur différents sujets, que ce soit votre vécu par rapport à l’Aïkido, sur l’enseignement, sur vos attentes, la vie au Dojo. Cette série d’entretiens commencera par les enseignants du Dojo ARA.
Remerciements à Annie Duffours qui a accepté de lancer cette nouvelle rubrique.
Entretien avec : Annie Duffours
ARA. COMMENT AS-TU DECOUVERT L AIKIDO ?
A. D. Un jour, Richard m’a proposé d’aller voir un cours d’AÏKIDO dans une ancienne chapelle du village d’Aspiran ce devait être en 72 ou 73. Je m’y suis rendue et je me souviens très bien de ma première impression. Il faut que je précise que le village ne disposait pas encore de dojo et de voir tous ses pratiquants (la plupart débutant) se fut une grande interrogation mais je venais surtout pour voir Richard. Quelques années plus tard en 78 Richard arrivant à LYON a continué de pratiquer, je suis retournée le voir et là j’ai bien voulu, je dis bien voulu essayer.
QUAND AS-TU COMMENCE A PRATIQUER L AIKIDO ? QUI A ETE TON PREMIER PROFESSEUR ?
A. D. En 1980 au club d’OULLINS (69) avec Dominique D pendant un an et 81 avec J R GROSS ensuite Didier ALLOUIS à IRIGNY et LYON.
COMMENT SE SONT PASSES TES DÉBUTS ?
A. D. Mes débuts sont inoubliables, je me souviens encore de mes tous premiers cours comme si c’était hier. Ce fut une découverte très importante dans ma vie qui a bousculé ma façon de penser et mieux de m’ouvrir vers les autres, sans oublier le rythme intensif qui régnait dans ce dojo ainsi qu’une super ambiance. (À l’époque nous buvions le thé après chaque cour…..)
Tout cela m’a beaucoup plu et m’a incité à continuer, d’ailleurs à ce jour j’en ai gardé des amis (JR bien sûr sans oublier Didier, Robert, Irène, Philippe, Guy et Michel)
LE FAIT D’ ÊTRE UNE FEMME A-T- IL POSE UN PROBLÈME ?
A. D. Pas vraiment, ceci dit tout dépend du caractère car il y a beaucoup de « MACHO ». Par exemple : durant un stage lorsqu’un pratiquant m’évitait, la technique d’après j’allais le chercher pour travailler ensemble et sans rien dire j’allais au même rythme que lui et s’il le fallait un peu plus……. Autre exemple : Une fois durant une préparation grande dan, il n’y avait pas de vestiaires pour les femmes……
Y A-T-IL UNE DIFFÉRENCE DE PRATIQUE ENTRE HOMMES ET FEMMES ?
A. D. Oui nécessairement, ne serait ce que par le physique. Certains hommes profitent de leur gabarit et s’imposent un peu. Mais l’avantage que nous avons, nous les femmes, le chemin à parcourir afin de travailler en souplesse (réaliser les techniques sans mettre de force) est beaucoup plus court……
COMMENT ES-TU VENUE À L’ENSEIGNEMENT ? DEPUIS COMBIEN DE TEMPS ENSEIGNES-TU ?
A. D. Une section enfants a été crée en 1988 dirigée par RICHARD à IRIGNY où j’étais à tous les cours comme assistante et je participais également aux travaux de la commission régionale enfants. Une autre section enfants a vue le jour aux dojos de Didier ALLOUIS 6Eme DAN actuellement, (de 1996 à 2000 rue d’Isling et de 2001 à ce jour à ARA) Depuis ces périodes, Didier m’a confié les cours ainsi que ceux des adultes tous les mardis.
AS-TU LA MEME ATTITUDE QUAND TU PRATIQUES OU ENSEIGNES A DES FEMMES, A DES HOMMES OU A DES ENFANTS ?
A. D. Je me comporte de la même manière lorsque j’enseigne tant à des femmes qu’à des hommes c’est surtout par rapport à leur niveau, à leur attente, à leur caractère, à leur attitude, à leur physique, à leur âge afin d’étudier les mêmes principes (cela me fait progresser aussi), sans oublier que rien n’est acquit et que le monde bouge et évolue. Tout cela nous permet d’évoluer en même temps.
Pour les enfants c’est pareil mais avec beaucoup plus d‘attention et en rajoutant quelques « jeux » J’ai constaté que depuis que je donne des cours aux enfants, ces derniers sont plus évolués qu’au début. Aujourd’hui j’accepte un enfant dès 7 ans sur le tatami s’il a vraiment envie de pratiquer, avant s’était 8 ans. (Les enfants progressent plus vite que les adultes…..constat).
COMMENT ABORDES-TU L’ENSEIGNEMENT AVEC LES ENFANTS ?
A. D. (Réponse précédente) et vous pouvez assister à mes cours sans problème car je dis toujours, pour bien comprendre, la meilleure façon c’est de pratiquer notre discipline martiale.
LE FAIT D’ENSEIGNER AUX ENFANTS EST-IL POUR TOI UNE SOURCE D’INSPIRATION, DE REFLEXION POUR LES COURS QUE TU DISPENSES AUX ADULTES ?
A. D. Oui souvent, car avec les enfants tu n’as pas droit à l’erreur.
QUE SOUHAITES-TU TRANSMETTRE DANS TON ENSEIGNEMENT ?
A. D. Transmettre du mieux que je peux, l’enseignement que Me TAMURA nous apporte avec cœur et justesse.
AS-TU EU DES PARTENAIRES MASCULINS « MISOGYNES » ?
A. D. Oui bien sûr mais ils ne sont pas « méchants » je n’en prête pas cas on ne les changera pas. Cela ne me dérange pas, je préfère pratiquer et avancer sans me laisser « polluer ».
LES STAGES, C’EST IMPORTANT ?
A. D. Les stages sont importants pour plusieurs raisons. Ils permettent de rencontrer d’autres pratiquants et professeurs (une approche avec un autre éclairage) et d’évoluer tant au niveau de la pratique que sur le plan humain. J’ai eu la chance de rencontrer des gens exceptionnels durant des stages nationaux et internationaux notamment avec Me TAMURA. Ainsi qu’à BRAS.
Grâce aussi à tous ces stages, j’ai beaucoup voyagé partout en France voire à l’étranger, l’aïkido est une grande famille.
Je me souviens aussi du premier stage de base qui m’avait été confié ; ce fut un grand moment pour moi et je me sentais très observée (50 personnes)….. Belle expérience aussi je crois que je me suis surpassée ce jour là……Une autre expérience, voire exceptionnelle : c’était le jour du stage pour l’inauguration du dojo à ARA (Maître TAMURA m’a remis mon diplôme de 3E DAN)
Y AVAIT-IL DÉJÀ DES STAGES QUANT TU AS DÉBUTÉ L’AIKIDO ?
A. D. Très peu et ils duraient tout le WE. La demande se faisant ressentir, le Comité Directeur de la Ligue dirigé par notre Président Michel GILLET, a organisé une commission, et depuis les différents stages proposés sont très bien représentés tant par les clubs de la région Rhône, Loire et Ain dirigés que par la plupart par des techniciens diplômes d’Etat et ayant des responsabilités au plan national au sein de notre fédération.
QUEL A ÉTÉ, DEPUIS TES DÉBUTS, L’ ÉVOLUTION DU NOMBRE DE PRATIQUANTES ?
A. D. Depuis 1979 et en suivant l’évolution croissante des pratiquants, je dirais que nous représentons 23 % au niveau national.
JUSQU’À QUAND COMPTES-TU CONTINUER A PRATIQUER ?
A. D. Question pertinente et inattendue : Tant que cela reste du plaisir.
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